L'intolérable
L'étau se resserre. Impuissante, j'assiste à l'intolérable, aux larmes que déverse Cassy jour après jour. Après un mois de semblant de bonheur, elle doit faire face à la cruelle vérité qui colle à son existence depuis neuf ans. Enfant mal-aimé, souffre-douleurs. Victime d'agression verbales et physiques, mon p'tit Cactus risque de garder de graves séquelles psychologiques. Pourquoi Christ concentre ses sautes d'humeur et son mal-être sur cette enfant? Pourtant Cassy, durant toutes ces années a été "une poulette aux oeufs d'or" qui contribue au train de vie de sa mère. Mais aussi à un couple (uni depuis 2006) qui n'a dans leur coeur qu'une seule enfant, Kelly, née de leur union. Je n'ai plus le droit de garder sous silence la tristesse et les larmes de mon adorée ... même si l'anonymat et mes confidences virtuelles ne lui seront d'aucun secours. J'étouffe et je croule sous le poids du silence.
Pas un centime de ces allocs de "parent isolé" qu'elle a perçus n'a servi à cette enfant depuis sa naissance. Ce lundi 13 Août 2001, après avoir conduit, j'ai assisté Christ ce matin au CHU d'Argenteuil. Elle a souffert certes, comme toutes les mamans, à la délivrance. Mais non, elle n'a pas traversé seule le désert. C'est avec amour que je caressais sa tête tandis que mon autre bras lui servait de bouée. Les hématomes et traces laissées par ses ongles sont vite dissous par ce baume apaisant qu'est ce don fabuleux. A ce moment précis, j'étais + que fière d'être presqu'à la hauteur de Ma maman: savoir aimer, protéger, mais surtout ne pas juger. Ses dernières paroles à propos de Christ résonnent toujours en moi.
- Titi a fait beaucoup de mal, mais elle est encore jeune et inconsciente de ses actes. Ne la laissez pas tomber quelles que soient les circonstances. Surtout, promettez moi de veiller sur la petite.
Cette grand-mère qui l'adorait et couvait, ma fille l'a rejetée à l'adolescence en la traitant ouvertement de "nhà quê" . Terme qu'elle reprend ces derniers temps pour qualifier Cassy, sa fille. Connaissant la définition du mot, ma puce semble en être fière. Elle préfère "comme elle dit" celui-ci qu'aux pauvre conne, tas de merde, etc... qu'elle a l'habitude d'encaisser de la part de Christ. Elle pouffe de rire chaque fois que ma fille le lui balance. Mais je sais que derrière ses singeries se cachent des douleurs insurmontables pour un enfant, celles d'être rejeté, surtout par quelqu'un qu'on aime. Et j'ai très mal. Comment dois je m'y prendre pour l'aider à surmonter ces épreuves humiliantes et dévastatrices?
Me faut une ptite pose, because problème lunettes, à tout à l'heure ...