19/08
Cher confident, me revoilà. Tellement de choses, de bonnes et moins bonnes à te raconter, mais par où commencer ? Une vraie toile d’araignée, les mailles se tissent inlassablement. Bientôt aucune lueur d’espoir ne pourra franchir la couche. Tant de S.O.S lancés, rien que des échos. Des existences pourries comme cet été que maudissent les vacanciers, mais qui sont pour nous une bénédiction. Le risque de canicule est passé et tant mieux.
19 Août, encore 2 semaines avant la rentrée. Mais hélas pour ma tribu, c’est déjà la fin de l’été. Ou plutôt fin de la trêve. Les voisins d’en face sont de retour, fini la fenêtre grande ouverte, fini ce faux goût de liberté. Envolé comme l’espoir des balades dans le Berry de Papy. Les journées au bord du Cher ne sont plus que des souvenirs inaccessibles. On aura tout tenté, rien n’y fait, si ce n’est qu’un gouffre financier en plus dans cette précarité extrême. Réunis dans une Sharan vieille de 15 ans pour un séjour dans un camping municipal à moindre coût se révèle parfois un luxe interdit pour certains. Destins brisés ou incohésions sociales fatales ? Bref, pour te dire en résumé ce dernier trimestre : ‘Lex replonge L, le moral à zéro depuis ma désertion à mi-temps. Papy n’a plus le sourire malgré l’étendue de sable du Paris-plage. Malgré tout, le voir fréquenter librement Le chat noir pour ses séances de Rapido, flâner sur le parvis ou dans les squares à sa guise, me réjouit J. Christ voit en noir l’avenir. Cassy qui me répète mille fois Tu me manques. Et … l’arrivée de Dylan.
Eh oui, depuis Mai, je suis redevenue la SDF d’après l’expulsion de 2005. En fait, nous nous rejoignons sur nos lieux habituels tels qu’aux fontaines ou squares du quartier pour une vie en famille, mais moins de noms sur la boîte aux lettres et un peu plus d’espace pour le sommeil. Je campe sur un parking public dans le 93, dans ma voiture qui n’est toujours pas mienne officiellement, en faisant croire à mes chers que je suis hébergée provisoirement par une amie. Ce, malgré une tribu aimante qui s’agrandit. Faute de qui ? Malovry, Borloo, Sarkozy&Cie ou de Bertinotti, Delanoë, Capelle etc… ? Chômeuse de longue durée, tu rigoles ! Depuis 2002, je croulais sous les tâches au point de démissionner de celle rémunérée pour accomplir jusqu’à ce jour du bénévolat « interdit ». Comme je disais à Mr K-H, mon référent : Est-ce nécessaire Pôle Emploi avec ces offres qui n’ont aucun sens ou un contrat d’engagement avec la DASES alors que j’ai plusieurs emplois à portée de main qui me sont interdits ? Pourquoi à quatre vingt huit ans, mon père doit se passer d’une aide à domicile « qui ne coûte rien à l’Etat et à la municipalité si ce n’est qu’une couverture maladie » ? Pourquoi je ne peux servir d’assistante maternelle gratuite à ma fille pour ses trois bambins afin qu’elle puisse se réinsérer ? Politique à vomir. Ne suis-je pas, ou plutôt ne sommes-nous pas l’un des milliers de chômeurs en précarité dont le chiffre en croissance servirait à certaine politique ?
A part ça, tout va bien. C’est tout … pour aujourd’hui.