Enfin, quelques gouttes! 06/07/09
Couchée à 4h et debout à 6h. Le rituel à pied jusqu'au métro Saint Paul pour un bol d'air frais. Une goutte sur mes bras nus, Dieu merci , enfin la pluie. Pourvu que ça dure, pour que Papy n'ait pas à se passer la tête sous le jet d'eau tout au long de la journée, pour que ma tribu puisse passer une journée de repos à l'intérieur de chez nous sans avoir à se réfugier dans Quick au Mc Do pour fuir l'enfer. En lui serrant la main pour le bonjour, je glisse discrètement 1 billet dans la main de Janick, le rituel de tous les mois depuis que j'ai fait sa connaissance. C'est 1 p'tite contribution pour son vestiaire à la gare de Lyon. Janick, figure incontournable de la station H.V. et du McDo juste à côté. J*, que certaines "nombril à l'air et string exposé" ne masquent pas leur moue de dégoût et leurs réflexions à 2 balles en passant devant à la vue de ses jambes rongées par l'eczéma! J* avec son enfance difficile, conçue peu avant le décès de son père et rejetée mais dominée par sa mère, puis à son tour privée de son enfant dès son plus jeune âge. Cet enfant qui grandit dans les familles d'accueil, qui défoule sa solitude, ses échecs, ses stress parfois par des gifles sur sa mère comme il a encore fait il y a 2 semaines devant témoins! Cette mère qui a souvent peur mais ne veut porter plainte car "c'est quand même mon fils", dit-elle. Bien trop souvent, l'amour est à sens unique et a ses raisons que la raison ignore. A la vue de ses hématomes, je ne ressens pas la pitié mais beaucoup de peines pour cette femme que le destin n'a pas gâté. Chaque repas offert ou p'tit billet glissé me revitalise, car grâce au désespoir de J*, je suis persuadée d'être la femme la plus heureuse: enfant désirée et choyée puis mère comblée.