27/03/09- Une fois de plus, incohésion rime avec fatalité

Publié le par edelweiss1308

Menacé d'expulsion, il se suicide.
Un strasbourgeois de 58 ans, qui craignait d'être expulsé de son logement pour avoir hébergé une famille dans la détresse, s'est suicidé, lundi, en se plantant un couteau dans le coeur, dans les locaux de son bailleur. "Je pars en fondant tous mes espoirs que ce geste permettra d'abroger cette épouvante qui interdit de porter secours à qui a besoin de nous", a-t-il écrit dans une lettre à un ami prêtre...
(source 20 minutes)

   La lecture de cet article me ravive des souvenirs lointains. Ce jour, où sous l'emprise d'une grave dépression, j'ai donné ma démission pour passer la frontière qui délimite la société et le néant. Ou encore ce jour où j'ai parcouru la tondeuse dans ma belle crinière pour me transformer en Barthez au lendemain du décès de ma mère. Ce jour où, crâne rasé, j'ai déambulé comme une hystérique à la mairie de Cormeilles sous les yeux ébahis des employés et visiteurs. Ce jour où je n'ai plus honte ni peur, de rien comme de personne. Un jour pas comme les autres, quand pointant ma boule à zéro, j'ai hurlé dans les locaux des services sociaux : la Cohésion sociale? voilà la signification! Parfois je regrette mon manque de courage extrême à l'époque, mais aussi incompréhensif que cela semble, je suis fière d'avoir vécu ces moments invraisemblables ainsi que la descente aux enfers. Grâce à ce parcours, j'ai grandi, ma compassion, ma tolérance, ma vision avec. Je perçois désormais la réalité du terme solidarité que l'on voit en propagande. La "réalité" du dit social et politique et le "sans issu" des misères cachées. Depuis, mes yeux voient plus loin que le bout de mon nez. Depuis, malgré mes 52 berges et un manteau convenable (1 cadeau d'Alex) qui fait de moi quelqu'un comme tout'monde, je suis à mon aise assise sur le bord du trottoir pour un brin de causette avec le p'tit jeune "qui grelotte dans sa couverture de fortune", touché par le menu Quick que je lui ai pris en face du BHV. Depuis, mes narines ne perçoivent plus la mauvaise odeur qui dégage de Janick, la SDF que je croise 2 fois/jour en conduisant ma puce à l'école, celle dont beaucoup ne sont pas gênés à afficher leur dégoût en retroussant leur nez au passage. Depuis, le partage a pris place. Cent € sur les 400 que je touche de mon RMI sont destinés à J. Claude, 1 pépère à la sortie du métro saint Paul et 1 p'tite vieille assise par terre un peu plus loin. C'est vrai que c'est peu, c'est le quart de ma survie. Parfois, j'avoue que j'ai honte car ce n'est pas l'argent gagné avec la sueur de mon front, mais l'argent des contribuables dont l'Etat s'octroie un peu plus chaque jour. Ne nous méprisez pas, nous les érémistes, de gâcher 1€ par ci par là, dites vous que c'est pour la bonne cause. Ce n'est pas à travers des grands-patrons ou salaires de ministres, mais bien souvent par le biais des galèriens comme nous que vous avez l'occasion de faire de la charité à vos semblables.  

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