1 espoir ou 1 déception de plus? 01/03/09

Publié le par edelweiss1308

Malgré l'angoisse qui m'envahissait depuis quelques jours à l'idée de me retrouver de nouveau devant une "assistante sociale", vendredi,j'ai pris mon courage à deux mains pour me rendre au bureau du logement de la mairie du IVème de Paris .
Nous nous sommes interdits de toutes mendicités depuis notre vagabondage. Mais l'anniversaire de notre p'tit vieux le 23 dernier a fait un déclic. Il a 86 ans. Même si  ses facultés et sa forme excellente pour l'âge font l'admiration de plus d'un, nous sommes conscients que c'est une mirabelle "malgré sa saveur et douceur d'antan" en phase de déshydratation qui résiste encore par la sève tissée autour. Non, ce n'est pas  l'écorce d'un citron pressé que malheureusement certains se débarrassent pour passer à autre chose! Nous voulons simplement tapisser un lit de feuilles pour amortir la chute et l'isoler de ces bouses de vaches qui inondent le sol. Comment faire pour exaucer le voeu de mes parents le jour où il franchira le cap de la dépendance? Chose quasi impossible dans ce réduit!
Dans cette pièce à vivre "inondée d'amour et de solidarité", où s'entassent quatre générations formées par 5 membres, tous n'ont qu'une obsession: comment pousser les murs de ce DIX m2.
- Vous ne pensez pas qu'on va loger toute une famille? Faut refaire des demandes séparément, y a pas d'autres solutions! me dit dame Boulben.
Une envie de rire amer car trop drôle comme suggestion ( car cela veut dire balayer les 5 ans d'ancienneté sur la liste ) mais aussi envie de pleurer car comme toujours la porte d' issu est verrouillée! Ma boule invisible ressurgit, des noeuds se forment dans mon estomac. Mon fils et mon père m'ont pourtant déconseillé cette démarche mais c'était plus fort que moi, et une fois de plus ils ont raison.  Des cas comme le notre, y en a par milliers en France, de droite comme de gauche, ils s'en tapent s'ils n'ont rien à gagner!
- Nous sommes conscients de la crise du logement, lui dis-je. C'est pourquoi je ne suis jamais venue vous embêter avec "nos problèmes". Inscrits et toujours à jour sur la liste des demandeurs de logement depuis le 10/06/2004 suite aux menaces d'expulsion de mes parents, après son décès et l'expulsion en Oct. 05, nous avons stockés nos affaires personnelles dans 1 box pour 200€ /mois jusqu'à ce jour, galèrés dans les rues, dormis dans une voiture et réussi à nous redresser par nos propres moyens et volonté sans quémander l'assistanat. Nous avons parcouru les agences immobilières, les annonces de particuliers, en vain! Point de colocation surtout dans notre situation. Revenus certes mais l'annonce de l'âge de mon père fait peur aux proprios, comme me l'a avoué un agent. Car en cas de défaut de paiement, l'expulsion n'est pas facile! Pourtant le bailleur de mes parents "qui n'ont pas eu de dettes locatives réelles" n'ont pas eu de problèmes pour les expulser, en plus il a obtenu le concours de l'administration! Nous avons toujours du mal à comprendre ce qui s'est passé!
- Le passé ne me regarde pas,dit-elle. Faut refaire séparément les demandes.
J'ai quitté ce bureau du 4ème étage avec une haine soudaine pour la cohésion sociale.
Sans passé, point de présent. Mais vouloir faire une croix sur le passé pour renaître est interdit! Que faire? Quel avenir?
Cette envie de monologue, en repos depuis fin le 29/12/ 2007 ressurgit. Interrompu car faire revivre le passé est trop douloureux, s'éterniser avec ses maux empêche de rêver à l'avenir. Les mots et maux font germés des idées fatales. A plusieurs reprises en amont de l'ultime cascade fatale,  j'ai pu me prouver à moi même qu'on peut se guérir sans antidépresseurs qui vous rendent accro et qui vous étiquettent  peut-être à vie! Certes il faut de la volonté, mais vous comme moi, comme nous tous,  sommes dotés de ce fameux bagage à notre insu depuis la naissance. Pour preuve, le premier cri, le premier pas, le nirvana, l'instinct de survie, la lutte...  rien ne peut se faire sans ce fameux bagage .

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