23/07/04 - lettre à l'inconnu

Publié le par edelweiss1308

Cher Fabrice que je ne connais pas
     Je suis sidérée en lisant "Le Parisien". Comment en est-on arrivé là ? se demandent-ils une fois que vous avez franchi le pas. L'acte d'un désespéré , disent certains .
Certes, ce 23 Juil. 04 vous avez fait la UNE des journaux. Mais dès demain, qui s'en souviendra de celui qu'on a surnommé la gazette ? Pourquoi critiquer vous la société publiquement et partir sans laisser les raisons et preuves qui ont poussé un être humain à donner la mort? Par ces phrases je ne veux surtout pas vous blesser, corps et âme vous avez certainement assez souffert pour en arriver là .
Dans la détresse vous avez du quémander l'aide. Une main tendue vous aurait sauvé.... Je ne connais pas votre histoire, pas plus que d'autres lecteurs.
Les coupables sont sans aucun doute de ma part , ceux qui vantent aujourd'hui leurs mérites , ceux qui clament aujourd hui avoir tout tenté de vous sortir de votre galère! Personne ne peut les contredire. Moi, j'imagine la vérité, nous avons pris le même chemin sans jamais se croiser ----
On fera connaissance un jour peut être et là vous seul pourrait me dire si je me suis plantée. Moi aussi, j'ai tout perdu. Amis, et certains proches faisant autrefois "partie de la famille, mon travail et pire que vous je n'ai même pas un domicile propre à moi. Dans mon combat contre l'exclusion de mes parents avec qui je vis depuis vingt trois ans, j'ai droit à l'étiquette d' "Occupante sans droit ni titre" par le Sénateur, Maire UMP de Cormeilles---. ON parle de moi dans cette Mairie comme d'un Cas Social , c'est écrit noir sur blanc! Malgré ça je continue ma lutte,  
pas contre ces blocs de béton mais pour la survie des miens.
Faut dire que j'ai un peu plus de chance que vous, j'ai tout près de moi trois personnes qui m'entourent, qui m'aiment autant que je les aime. C'est la raison qui me prive de ce courage que vous disposez. Je dois continuer pour leur survie, ou plutôt leur survie. Et lorsqu'ils s'éteindront.... on verra. Nous aurons peut être pas autant de cran que vous, qui sait. Mais une chose est certaine , je ne commettrai pas votre omission. Je laisserai derrière moi toutes les preuves de ma descente aux enfers! Je désignerai ceux qui volontairement ne m'ont pas laissé le choix. Pour démentir leurs propos à venir mais aussi à m'assurer un repos en paix, sans d'autres écorchures contre les parois de mon domicile fixe à trois mètres sous terre.

     Reposez vous en paix, Fabrice. Là où vous êtes, vous n'aurez plus de soucis. Là, dans ce paradis qui me hante, vous n'aurez plus jamais à affronter les humiliations, la solitude, la faim, le froid ni même le regard des autres. A bientôt

                                                                                                   J.A.D.





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