J.14/08/03
J. 14/08/03
Il fait très chaud, elles sont en nage . J'ai passé ma nuit avec l'éventail afin que la sienne et celle de ma mère soient douce. Mes Amours, avez-vous senti cette brise venant du plus profond de l'océan? Et mes vagues de murmure? Ces je t'aime en silence.
17/08
Le temps s'améliore. Deux heures au parc pour se défouler pendant le sommeil de son arrière grand-mère après sa séance de dialyse. Puis une petite promenade à 4 sur les berges de La Frette après le dîner. Elle s'est endormie sur le retour. Bonne nuit mon p'tit cactus.
18/08
Pourquoi j'ai l'impression que cette journée au parc sera la dernière du moins pour ce mois d'août ensoleillé.
20/08/03
Je ne me suis pas trompée. Tu es partie vers 16h30 , insouciante. La douleur me ronge, la musique tente d'apaiser cette atroce souffrance intérieure dissimulée par un faux soulagement.
Mal, oui j'ai très mal. Ecrits, délivrez moi.
Le soleil est au rendez vous pour les gens heureux et la pluie se déverse sur mes joues, là où tu posais tes petites mains innocentes quand les rires et paroles un peu gaga se font attendre. Chérie, si un jour tu croises un être dépourvu de sens, un misérable n'ayant plus sa foi; soit compréhensible car il ou elle a du traverser déserts et brouillards.
Je suis seule à présent, en face de la réalité. La souffrance de ma mère , le désarroi de mon père. Rien n'est plus terrible que de vivre dans l'angoisse d'être séparé de ceux qu'on aime , d'une façon ou d'une autre, les uns après les autres.
Le futur ne fait plus partie de ma conjugaison. J'ai dressé une grande muraille autour de mon existence afin que mes codétenus ne puissent s'échapper. Chaque centimètre de cet espace autour de moi me renvoie les images du temps d'un bonheur.
Mal, j'ai très mal. Après la pluie, la tempête ... Plus je veux ignorer plus l'amour fait ravage.
Je regrette de ne pas avoir pris la plume depuis que le miracle s'est produit, car raconter un peu chaque jour , ne serait que quelques mots chaque soir pour résumer----.Il me faudrait des milliers de pages pour te dire combien je t'aime.
Un petit bout de papier retrouvé dans un vieux planning.
- 28Déc.01 . Cassandra ,mon soleil. Cela fait 138 jours que nos chemins se sont croisés. Ce lundi 13 août 2001, la chaleur de ce ptit corps a dissipé l'épais brouillard dans lequel je me suis perdue.
En te serrant dans mes bras avant de te reposer sur ce qui fut ta loge (le ventre de ta maman) j'ai remercié le Seigneur tout puissant. Le miracle est là.
Balayés les cauchemars, l'anxiété qui me pourrissent la vie depuis le suicide de mon frère, exit ----.Tout a disparu sous ce soleil.
E.T mon amour , oui c'est comme ça que je t'ai surnommée au début. Car pour moi tu es venue d'une autre planète, d'un monde différent de celui où je suis. Comment expliquer , traduire l'intensité de ces sentiments que j'ai du mal à comprendre . Comment peut on avoir cette sensation aussi forte pour quelqu'un, encore plus forte que celle éprouvée pour ses enfants? Pourtant ton oncle et ta maman étaient mon sang, mon souffle, ma joie et ma raison de vivre.
E.T mon ange, aucun mensonge, aucune exagération, quel intérêt?
Fin de ce gribouillis.
26/08/03
Toujours la solitude. J'aurai pu partir quelques jours depuis 3 semaines pour m'évader.Ça fait des années que je n'ai plus humé l'air marin ni vu une vague, pas plus qu'une balade à la campagne. Alex et D. sont là pour me relayer auprès des parents mais loin d'eux et sans elle, les vacances seront morbides.
Un être vous manque , tout est dépeuplé. Alors à quoi bon ?
27/08
Une semaine sans la voir, ni toucher , C'est insupportable. Mais je l'imagine heureuse et cela me console. Qui s'occupe d'elle quand Christ travaille? J'ose espérer que la personne ait un minimum de patience et d'amour car il en faut beaucoup pour mon CACTUS. Oui, j'ai changé son surnom depuis. Cactus, car pour te garder dans les bras il faut braver les épines et endurer. Est ce qu'elle déborde de joie comme lorsqu'elle est avec nous ? Je n'ai pas trop envie d'y penser.
Je n'ai jamais autant joué aux jeux électroniques de ma vie. J'ai commencé depuis peu suite au conseil d'un collègue de travail. Quand on est à fond dans les courses poursuites, on a pas le temps de penser à autre chose, paraît-il.
C'est vrai mais ça ne dure pas. Car mon seul instrument de jeu, c'est mon portable. Et c'est aussi son jouet favori. Elle est toujours à la recherche du mode "volume et choix de sonneries" et Gimme the night est son rythme préféré. Elle est partout , comment l'oublier quelques instants? Ces horribles têtards de Mégabox Conquest me harcèlent et sèment la panique sur mon parcours. Mes pensées vidées de son image m'auraient souvent permis de vaincre ces petits monstres mais SA petite moue qui dandine , Son petit doigt qui bat le rythme sont de véritables armes , le bouclier magique de mes ennemis. Je ne les vois plus et je me fais dévorer à chaque partie. Alors j'arrête même avec des vies à mon crédit.