03/06/07- Le ticket pour l'enfer
Nous formions avec mes parents et mes 2 enfants nés en 77 et 79 une famille unie, pour le bien et le pire. Après la vente de leur commerce dans le 15ème arr. de Paris (oui, là où récemment un même joueur a validé les 2 tickets gagnants de l'Euromillion), nous avions débarqué en 1981 à Cormeilles en Parisis. Propriétaires de plusieurs biens immobiliers tant à Neuilly/Marne que dans l'Indre. Au fil des années, ils ont tout perdu suite à des garanties données pour une exploitation forestière à Orville, gérée par l'un de mes frères décédé suite à 1 cancer en 95 "Ou plutôt qui s'est laissé mourir en refusant les soins, désertant les hôpitaux. Rongé par les remords pour avoir anéanti tout une de vie de labours de ses parents ". Ainsi qu'à 1 autre* (l'aîné) décédé en juillet 98 à Sannois par suicide, après avoir tué sa concubine, d'après la conclusion de la Police (un fait divers relaté dans Le Parisien de l'époque). Pour ce dernier*, j'ai engagé les obsèques en mon nom à l'insu de mes parents, dissimulé le fait durant le temps de l'autopsie et leur faire croire après qu'il est mort suite à 1 maladie. Ce fut 1 mensonge mais que Dieu me pardonne. Pour eux le choc serait moins violent que de connaître la vérité. Durant la semaine qui précède le drame, ma mère a été admise à plusieurs reprises au CHU d'Argenteuil pour des malaises non diagnostiqués malgré les visites médicales mensuelles chez le médecin de famille (trop occupé par la course au poste de Futur Maire de sa femme et le militantisme de ses gosses). Le décès de mon frère aîné a grisé gravement mon existence banale, insouciante et heureuse au sein de ma tribu. Commence alors les cauchemars sans fin. Toujours les mêmes. La sortie sur les brancards de deux corps gonflés à bloc, dissimulés sous les bâches. Le cercle de badauds et la barricade de la police. La chambre où j'ai eu accès après l'enquête, le matelas souillé par le sang séché, ces fioles d'eau miraculée sous forme de Vierge Marie. Oui, mon frère est un croyant et adepte de Lourdes et de l'église du Bac. Tout comme nous autres. Dès lors, à petits pas, j'entre "sans conscience" dans le monde obscur de ceux qu'on nomme les Dépressifs. Une maladie imaginaire pour certains. Comme pour moi d'ailleurs avant de franchir sa porte. Ne nous jugez pas sans l'avoir vécu. Cet enfer, je ne le souhaite à personne, même pas à mon pire ennemi. La ronde des phobies: la peur de l'obscurité, de la foule (j'ai perdu connaissance à plusieurs reprises sur les lieux publics, notamment sur le marché de Saint-Denis où j'avais coutume d'aller 1 dimanche sur 2), des échos pendant les messes (depuis je n'ai plus jamais pu assister aux messes célébrées par un prêtre, je me contente d'allumer un cierge ou prier en semaine dans une paroisse vide). De violents maux de tête à vous taper la tête contre une paroi (je l'ai fait en me disant que les douleurs extrêmes peuvent être anesthésiantes!). Des membres qui semblent bloqués, me paralysant ainsi des heures où chaque mouvement du corps devient tortures. Palpitations, sensations d'étouffement, tics nerveux ... Des remèdes? Oui, j'ai cherché, en vain ! Salariée à l'époque, avec une couverture sociale, je pouvais me payer xxx consultations. Généraliste, neurologue, cardiologue... D'électromyogramme en électromyogramme, des Aspirine aux Idarac en passant par les Di antalvic ... Des boîtes de Lexomil aux Prozac en passant par Ludiomil etc... Rien à faire. Sinon que je sombre un peu plus chaque jour qui passe. Je n'ai fait part à personne de mes cauchemars, pas même à mes Amours « ma tribu » (Faut pas confondre Amour et amour! Celui avec le p'tit a, je m'en passe depuis la naissance de Christ en 79; de par ce fait, je dispose de tout mon temps à mon gré pour mes grands A). Il arrive aussi des fois où mes mains, mon corps n'ont plus ses sens. Comme cette fois entre autres où "sans faire exprès" je me suis tranchée le tendon d'1 doigt dans le mécanisme d'1 chaise à bascule sur mon lieu de travail à 6h30 du mat. Ce ne sont que le sang répandu au sol le long des couloirs et les vertiges qui m'ont alerté de la blessure. Un garrot au poignet et du tabac sur l'ouverture pour arrêter l'hémorragie. Ça vous paraît invraisemblable? Aux pires maux, les pires remèdes. Je suis admise aux urgences d'Eaubonne, conduite par mon père car d'où j'étais, impossible de m'y rendre par les transports en commun, pas de gare sur la commune. La conséquence de cet incident se porte toujours à merveille avec mon index gauche. Eh oui, il et elle "mes parents" ont toujours été présents quand j'ai besoin d'une épaule. Vous comprendrez plus tard pourquoi et comment, je veux leur servir de canne au crépuscule. D'autant plus que les Services dites Sociaux de tous bords les rejettent comme des malpropres. Mes parents n'ont pas eu recours à Eux avant de prendre le ticket pour l'enfer fin Juin 2002.
Depuis ces deuils, pour nous 5, la vie continue malgré les déboires.
Juil.99 -> Alors qu’ils venaient de signer l'acte de vente de leur dernier bien (pour en finir une fois pour toute avec les crédits et prêts en cours et sans fin possible), pendant 1 semaine ma mère fut admise aux urgences tous les soirs vers 18h pour insuffisances respiratoires. A la dernière le verdict tombe: insuffisance rénale.
Mon père à son chevet jour et nuit à Amboise Paré, à moi le déménagement après avoir trouvé 1 logement.
Locataires dans le privé avec des 2 pièces (eux au 11, moi et mon fils au 13 square Rodin), logements sains au 1er étage sans ascenseur; mais 1 an après l'insuffisance cardiaque de ma mère pose des problèmes à chaque séance de dialyse.
2000 -> Une demande de logement en mon nom à la mairie avec l'espoir d'un 3 pièces afin de concilier les tâches quotidiennes avec mon emploi de nuit mais surtout pour éviter l'isolement de mes parents avec la maladie.
- Soit disant qu'il y aurait eu le 08/07/2000 selon la réponse du Maire!!!
EXTRAITS de la LETTRE DU MAIRE RECUE le Lundi 12/07/04
- 1 proposition pour 1 F4 au Clos Campan !!! MENSONGE. Si cette offre a réellement existé, nous n'en serions pas là !!!!!!
- 2ème proposition Mai 2001 : F3 au 2* rue T. Chabrand. VRAI mais avec un HIC. C'est 1 logement où les fenêtres sont à 1 mètre du local poubelles à ciel ouvert de tout le quartier jusqu'en 2003. Comment faire vivre dans un endroit aux odeurs nauséabondes et envahi de mouches dans toutes les pièces une personne vivant de transfusions sanguines nécessitant une hygiène parfaite ? D'où mon 1er refus.
Ce logement* fut longtemps inoccupé selon les voisins pour cette raison. Le comble par la suite est que le local poubelle soit rénové en 2003 puis condamné pour enfin être déplacé au 4 rue T.Chabrand, toujours à ciel ouvert. Après que, n'ayant plus le choix mes parents ont accepté une offre à leur tour destinée, faite en Juin 2002 : log. 13, rez de chaussée, au 4 !!!
- 3ème proposition le 26 juillet 2001: F3 au clos Campan. On ne peut mieux faire dans l'hypocrisie! La mairesse comme sa cousine E.H. savent mieux que quiconque que ce logement ne m'est pas destiné. Il est pour ma fille et son enfant à naître dans peu. Une obtention non sans peine. Jugez les faits vérifiables cités dans ma lettre écrite en réponse aux aberrations de la Maire, lettre non expédiée, afin de mieux comprendre.
2002 -> A son tour, mon père fait une demande en son nom dans l'espoir d'une meilleure compréhension. Sans le savoir, il a pris le ticket pour l'Enfer!
Des fenêtres où il fait bon d'ouvrir mais impossible peu après. Des odeurs nauséabondes et invasions de mouches depuis que la mairie a décidé de déplacer le local à poubelles situé au n° 2 "proposition qui m'a été faite en 2001 !"devant les trois fenêtres du n° 4, début 2003. Même les voisins jusqu'au 4ème étage ne sont pas épargnés, été comme hiver. Des poubelles souvent poussées à raz des murs qui dégorgent de toutes sortes de détritus "voir dans mes albums photos". Un parking ouvert et gratuit qui ne l'est plus peu après (voir les pétitions et contestations des riverains parues dans les Gazette), des contraventions même de nuit y sont mentionnées, sans compter les dégradations sur les véhicules, dont mon père fait partie des victimes qui n'ont même plus envie de déposer plainte. Il en est de même pour l'autre parking couvert et géré par la ville où les locataires désertent.
Comment maintenir 1 emploi quand les appels au secours pour le maintien à domicile vous sont refusés en plus d’un parcours quotidien semé d'embûches ?
Même avec beaucoup de volonté et un moral d'acier on finit par craquer surtout en plus des combats et des surmenages, il faut se contenter d'un minimum d'hygiène par privation totale d'eau chaude durant deux ans et 1/2. Faites 1 essai et vous me donnerez des vos nouvelles. Je n'ai pas participé à Koh-Lanta. Ou plus précisément NOUS n'étions pas candidats pour l'aventure!
2004 -> Mon père n'était plus qu’un squelette vivant. La pitié que nous portent les voisins du quartier n'est pas perçue comme un réconfort mais des écorchements à vif.
Après le décès de ma mère le 12/07/05, j'ai appelé Mme C.Henry du cabinet de BORLOO à notre secours face à l'expulsion, EN VAIN.
Toutes les portes se referment comme ses yeux à tout jamais !
Leur parcours étant assez douloureux, pourquoi vouloir à tout prix les priver de l’ultime vœu : vivre parmi les siens comme tant d'autres?????????
Le lendemain de la dernière convocation du commissariat de Police, Octobre 2005, plutôt que de subir de nouvelles blessures avec l'arrivée des forces publiques, d'un commun accord nous avons décidé de fuir à tout jamais cette ville maudite. Un mois de galère dans les hôtels sur Paris avec le peu d'argent qui nous restait.
Incroyable mais vrai! EMMAUSS Habitat a réussi l'expulsion manu-militari d'un vieillard de 82 ans, sans dettes locatives réelles grâce au concours immondes des Services Sociaux!
Après le rapatriement forcé le 30 Octobre 1975 (en abandonnant à Saigon leurs trente années de labours contre une promesse de dédommagement du gouvernement français. De Giscard à Chirac, mon père a conservé les démarches et réponses pour son obtention. Toujours la même réponse: Nous n'en sommes qu'aux français rapatriés d'Algérie! A ce jour, les promesses ne sont toujours que du vent!), presque jour pour jour, 30 ans après, mon père se retrouve SDF à quatre vingt deux ans!
2005 -> Ma fille installée depuis juillet 2004 en Vendée nous propose de venir chez elle pour tenter une nouvelle vie. Ignorant les problèmes et malaises du couple par rapport à sa belle famille «qui voit déjà d'un mauvais œil le fait qu'elle ait 1 enfant d'1 première union et un 2ème avant d'avoir leur bénédiction et qui s'initie trop dans leur vie de couple», notre arrivée chez ma fille fut un désastre. A quelques jours de Noël, nous sommes mis à la porte. Durant plusieurs jours, munis de sacs de couchage, nous avons élus dortoirs pour la nuit dans l'impasse David, à même le sol entre les voitures, à l'abri des regards. Pris en charge par le 115 pour quelques nuits de répit à l'hôtel Baladin. Et même 1 nuit à Kyriad, faute de place ailleurs! Nous allons aux repas pour SDF dans une rue qui longe la gare. Ce n'est qu'après une chute de mon père en nous rendant à ce local que j'ai repris le courage de m'adresser aux Sévices sociaux, avec l'espoir que ce n'est pas partout pareil. (Attention! Sévices n'est pas 1 faute d'orthographe)
Fin Décembre 05 -> nous nous adressons à la CCAS de la R/Y. Mon fils "Alex" regagne la capitale, seul, dans l'espoir de trouver 1 solution pour tous.
Un semblant de compréhension au départ mais après quelques contacts pris avec la mairie de Cormeilles---, la CCAS de la R/Y ne nous a guère laisser de choix. Le froid de ce mois de Janvier, sous la neige, était insupportable. Comme des lames qui vous tranchent la peau.
Soit rester à la rue, soit 1 hébergement pour moi au foyer anonyme de femmes battues et 1 hébergement temporaire à ses frais (60 euros/jour) pour mon père en attendant les formalités pour la maison de retraite Tapon. Il doit signer l'entrée définitive à Tapon prévue à 15h le 20/01/06, décision irrévocable, sous peines de poursuites et recherches, nous a-t-on fait comprendre, avec ces termes exacts.
20/01/06 à 10h -> nous nous sommes retrouvés comme chaque jour dans 1 bar café sur la place Napoléon. Papa m'a montré le quotidien de la veille. En première page " Expérimentation du bracelet électronique dans les maisons de retraite en Vendée ! Nous avons beaucoup pleuré ce jour là. En forme et valide, maître encore de tous ses sens, sans avoir commis de crime ou délits, pourquoi une nouvelle amputation meurtrière ????????
QUE FAIRE SINON OPTE LE CHOIX D'UNE VIE LIBRE DE FUGITIFS POUR LE RESTANT ?
Ce jour là, nous avons pris le TGV de 12h51 pour Paris avant que la boucle ne soit bouclée. Arrivés à Montparnasse à 16h15, l'air inspiré sur ce parvis sent bon la liberté et le goût de famille. Yeux dans les yeux, j'ai serré très fort ses mains abîmées par le temps et je lui ai promis : on fera le chemin restant ensemble peu importe le prix à payer. Rien ni personne ne pourra te forcer à l'isolement.
Nous nous sommes dirigés vers l'avenue de Choisy où un cousine est domiciliée et tient 1 restaurant depuis 15 ans (son défunt mari est le neveu unique de ma mère). Elle nous a offert 2 bols de soupes chinoises que mon père a du mal à terminer à cause de la honte. Elle ne peut nous héberger ne serait que pour quelques jours, ni dans son 3 pièces juste en haut du resto ni dans les divers pavillons que disposent sa famille en banlieue! Elle nous a indiqué les hôtels dans le quartier. Plus de chambres dans ceux de moins 50 €, nous avons quand même réussi à dénicher 1 chambre mais seulement libre pour 5 jours à 69 €/jour « SANS ALLOCS, je précise »
Arrivés à terme de la location, direction Service social du 13ème: "on ne peut rien pour vous, vous n'êtes pas résidents".
Nous nous sommes rendus Place d'Italie à la mairie du 13ème où 1 vigile nous a donné un prospectus de Paris Solidarité avec ses adresses d'hébergement et accueil pour les repas entre autres.
Le froid fait oublier la faim! La priorité est de mettre mon père au chaud. Un centre prévu pour homme, c'est là où nous devons solliciter en 1er pour lui, centre Mazas dans le 12ème. Car n'étant pas un couple, ni famille avec enfants de bas âges, ni immigrés, ni sans papiers, mais un père de 83 ans, une fille de 51 ans et un petit-fils de 29 ans = nous sommes hors catégories pour les secours !
Accueil Mazas: Désolé mais on ne peut RIEN pour votre père, ce qu'on peut c'est le dépanner avec 1 carnet de 10 tickets de métro, c'est tout ce qu'on peut faire! Depuis, partout où nous évoquons notre situation à tous trois, les mêmes propos. Mairies de divers arrondissements, associations indiquées dans les guides de lutte contre la précarité etc....: On ne peut rien pour vous malgré l'étonnement créé par une expulsion à l'âge de 83 ans, juste après un décès sans que personne ne lève le petit doigt!
La centaine d'adresses d'hôtels au mois figurant sur les listes distribuées par les services sociaux affichent complets. Même le 115 contacté le 04/07/06 de la gare de Bry sur Marne, sous une chaleur torride, trois adresses données, tous complets. Et toujours complets malgré des mois d'appels et d'argent gâché dans les hôtels de 47 à 60 euros/jour « à nos frais » où il faut changer tous les quelques jours faute de réservations. Nous avons opté pour une domiciliation d'adresse, mon père: Les amis de la Maison Verte- 127 rue Marcadet dans le 18ème, et moi à Chemin Vert dans le 11ème. Alex se fait domicilié chez une copine dans le 16ème.
* Je tiens à préciser que depuis fin 2002, à B.R j'ai opté pour 1 passage à mi-temps, sans contre partie ni aucune aide de quiconque pour me consacrer à ma mère avant de démissionner en février 2004 suite à une grave dépression nerveuse reconnue même par la médecine du travail. Je n'ai jamais fait appel en recours aux Assedic après les 4 mois de carence prévue. Ne classez pas tout le monde dans le même sac en parlant d'assistanat, sieur Sarkozy! Et je ne coûte pas cher non plus à la Sécurité Sociale. Je n'ai pas mis les pieds chez le médecin depuis 2004. A quoi bon? Par contre j'ai toujours obligé mon père à en consulter régulièrement et dès que besoin se ressent.
On s'endurcit dans les galères, on oubli ses maux, à quoi sert de perdre son temps? Un RMI attribué sans avoir à faire la demande après le passage au 127 rue de Grenelle! Dans quel but ? Si ce n'est qu'une infime aide financière qui leur permettait de classer le dossier lié au logement et à une non assistance de 2 vieillards sans suite....